samedi 16 mars 2024

 Après les  manchots,petite balade en bateau depuis Hout Bay à 40 mn de route de Simon’s Town. On vogue autour de quelques îlots où s’entassent des centaines de phoques qui plongent puis remontent sur les rochers pour une sieste au soleil et comme ça toute la journée ; ça doit être épuisant une vie de phoque. Et puis manger du poisson à chaque repas ce doit être lassant à force.

La route de la corniche (Chapman’s peak) est une petite merveille avec des vues plongeantes voire vertigineuses sur un Atlantique agité.












Au retour, nous comptions sur un bain dans une petite baie découverte au hasard, où les rochers font penser aux  Seychelles, mais le vent de sud est est monté tout en refroidissant flots et air de la côte.



Le lendemain fut un jour particulier pour moi. J’ai en effet passer  plusieurs fois au large de ce cap de Bonne Espérance, lorsque je naviguais au long cours. Je découvre l’envers du décor dans un panorama de falaises déchiquetées presque insoupçonnables depuis le large, à travers une randonnée plutôt sévère de deux heures, sur un sentier bordant cette extrémité sud de l’Afrique. Frissonnant !!!
Je ramasse un petit caillou, comme je le fais chaque fois que je passe dans un endroit marquant.









Vendredi 15 mars,
Il est  temps de quitter la région de Capetoxn  pour rejoindre, en un vol de deux heures, Johannesburg avec une nuit d’hôtel avant de reprendre la route plein Sud vers le Lesotho. Une autre histoire commence !





mardi 12 mars 2024

 Vendredi 8 mars

Après le premier parc  animalier, nous repartons vers l’ouest pour terminer la  boucle toute au  sud de l’Afrique et profiter du bord de mer, si  possible, en baignade et randonnée.

Mossel bay, première étape maritime. l’océan gronde juste au  pied de l’appartement loué et  la  baignade est courte, vivifiante mais moins froide qu’à Cape  Town où je n’avais pas été  plus haut que la taille !

Le lendemain, sur une plage moins forte en  vagues et protégée des requins à l’aide de  filets tendus au  large, je  tiens un peu plus longtemps. N’oublions pas que l’Antarctique envoie des courants très froids et qu’ils  n’ont pas le « Gulf stream » qui tempère  nos eaux européennes.


Étape suivante, toujours maritime, Hermanus, on se rapproche de Cape  Town où  nous terminons la  première boucle du  voyage. Grande baie au  pied des montagnes. Côte sauvage déchiquetée avoisinant de  longues plages ourlées de  dunes au  sable gris clair et  très fin. Baignade limitée à un secteur très peu large  et  surveillée façon « Alerte à Malibu » sans Pamela Anderson !

Au  petit matin, surprise; durant la nuit un hibou  grand duc  est venu se reposer sur  une  branche juste au-dessus de la terrasse..



Parenthèse :

Après avoir discuté assez longuement avec Sophia, notre hôte à Addo Éléphant, notre regard  s’aiguise et notre naïveté prend une claque. Pas forcément notre naïveté mais notre espoir d’une autre vision des choses.

Comme je l’ai précisé dans un article précédent, j’attends de  pouvoir poser un  regard, voire pire, un  jugement sur le rapport entre les Hommes de ce pays.

Blancs  colonisateurs en  minorité d’un côté et noirs autochtones majoritaires  de  l’autre.

Grâce à Sophia, française et mariée à un sud  africain, notre vision a changé.

L’apartheid des années 90 a progressé, dans le sens où les écriteaux « réservé aux blancs », « réservé aux noirs », ne sont plus présents ; mais le  contexte reste le même. Tout est ancré sur  une ségrégation d’origine et irréversible malgré une  image positive montrée au monde entier.

On ne  s’aime pas, on  se mélange pas. On a peur, surtout le  blanc qui  craint le noir qui  reste l’homme des petits boulots mal payés et que l’on encourage  surtout pas à aller vers une éducation , pour lui et ses enfants, qui pourrait nuire à la suprématie du  maître blanc. Celui ci  se  protège avec du fil barbelé ou des clôtures électriques autour de sa  propriété. Il paie des gardiens noirs pour surveiller son  domaine, en espérant qu’ils soient de  confiance.

Ce  pays est difficile à vivre, tout en  apparence et où je ne pourrai pas m’installer car je serai malheureux de me battre pour des valeurs qui restent risibles pour les gens d’ici, quelque soit leur couleur.

Donc on visite un  très beau pays, avec toutes les précautions nécessaires pour rester à notre place de touriste voyeur.

Nous découvrons des paysages, des animaux, des personnes et  devons nous contenter d’être observateur non gêneur. Cela  fait partie des voyages tels que nous les concevons, c’est notre choix et ce  n’est jamais décevant puisque nous apprenons encore et toujours.

je  termine là  cette parenthèse plutôt négative mais nécessaire à la compréhension de ce que l’on vit avec cette courte vidéo d’un Township ou Favella ou bidonville.


Mardi 12 mars 

Après Hermanus, dernière étape de  première boucle de  trois semaines à Simon’s town. Nous sommes à quelques kilomètres du cap de Bonne Espérance. Ce  n’est pas le cap  le plus Sud  de  l’Afrique, comme on le croit souvent mais c’est le plus connu, occultant ainsi le  cap des Aiguilles qui  est lui, le plus austral du continent africain et  pas très éloigné d’ici..

Nous sommes entourés de  monts  arides et  sauvages, ourlés de jolies plages où des piscines à marée  permettent une baignade à l’abri des  grosses vagues, dans une eau entre 17 et 18 degrés. Ce  n’est pas des  plus chaud mais c’est tonique.

C’est aussi à quelques kilomètres d’ici que s’ébattent des manchots d’Afrique du Sud. Ils  étaient 2 en 1982 et la colonie avoisine  les 2000 de nos jours.

Au vu  programmes  proposés par la télévision, c’est sûr qu’ils  ont préféré faire l’amour !










mercredi 6 mars 2024

 Vendredi 1er mars 

Les autruches d’accord, mais l’attrait  principal de ce coin, c’est le « Swartberg pass »; le col du mont noir en traduction littérale.

L’ascension et la descente côté Nord de ce col n’a, au premier abord, absolument  rien de noir. On démarre de la plaine plutôt verdoyante de quelques champs d’oliviers et de palmiers yucca ou aloès, on ne sait pas trop vu que l’on n’en  connaît pas le nom.

La route bitumée s’arrête tout à coup pour laisser place à une piste, certes carrossable, mais qui fut  creusée dans la roche, par l’homme  durant 7 ans au cours du 19 ème siècle et sur 25 kilomètres, pour un passage au  col à pratiquement 1600 mètres. Je commence à mieux comprendre ou interpréter le terme « Noir »

L’ascension est lente, pentue par endroits et  formée de lacets ardus à négocier sur cette piste de gravier grossier. La descente est encore plus vertigineuse et la roche rose ocre est formée de plis, comme une mer  ondulante donnant une apparence d’une  houle perturbante. La végétation est  courte, épineuse malgré  quelques arbustes aux fleurs en calice d’un jaune et rose fuchsia éclatant.

Juste  après une courbe, un canyon profond  envoie cette impression de  vertige déséquilibrant de beauté. On termine la descente dans une gorge oasis où une rivière essaye de rafraîchir le tableau de  son maigre filet d’eau, entourée  de quelques majestueux eucalyptus au tronc couleur  ivoire délavé, avec  en toile de fond un surplomb rocheux qui  paraît menaçant, semblant démontrer que  nous ne sommes décidément pas grand chose et  que l’humilité est de  mise.






Un restaurant,conseillé  par notre hôte du moment,nous remet  en phase avec notre réalité de terrien bon vivant et  l’autruche se retrouve à  l’honneur dans l’assiette, pour notre plus grand plaisir.

On  reprend notre route vers l’Est  le lendemain matin. 4OO kilomètres de paysages arides et montagneux, avec des portions de route en béton de 80 kilomètres sur une seule voie. On ne croise pas grand monde dans ces  contrées reculées mais c’est tout de même perturbant ce genre de route où  doit rouler à  gauche tout en restant au milieu de la chaussée. Sur ces 80 bornes on a peut être croisé 10 voitures et à chaque fois, on dégage sur son bout de piste, le  temps d’un signe de la main ou d’un appel de phare. On pense à l’Australie dans ces moments là.
Je vous promets que tout ce qui est désertique est extrêmement reposant.

Nous rejoignons un  endroit perdu dans des  hectares de  culture d’agrumes, le long d’une rivière. L’atmosphère change, les oiseaux chantent autrement, les  insectes fredonnent des chants plus africains.

Demain, j’ai rendez-vous avec mon animal préféré.



Lundi 4 mars

Nous Logeons à 40 minutes d’ Addo Elephant National Park, notre premier parc animalier du voyage et non des moindres puisque c’est le 3 ème plus  important du  continent africain.
L’expérience avec les éléphants en Thaïlande en 2015 m’a profondément marquée. Nous avions eu la chance de fréquenter durant 2  jours, ces  pachydermes si élégants, au regard  expressif et doux.
Nous  avons vécu un moment sympathique avec ces animaux au Sri  Lanka  mais dans un contexte différent car ils étaient à l’état sauvage tandis qu’en Thaïlande, ils avaient travaillé avec  l’homme et nous pouvions avoir alors, un contact tactile inoubliable.

Ici, c’est notre première rencontre avec l’éléphant d’Afrique, plus imposant en taille de corps et d’oreilles.
L’entrée du  parc vers 10 h du matin fut plutôt calme en  observation animale .
Un singe, une paire de phacochères vilains à souhait et  plus loin les  premiers zèbres nonchalants malgré une  température clémente autour de 25 degrés. Un hibou perdu, le long de la piste me regarde d’un œil couleur or apeuré alors qu'un beau rapace me nargue du haut de son perchoir.
On progresse doucement sur ce gravier chaotique limité à 40 km/h mais si l’on veut prendre le temps de  fouiller du  regard à droite et à gauche, on ne dépasse guère les 10 km/h.
C’est au  tour  des gazelles, fines, élégantes et aux  cornes presque aiguisées de nous laisser passer sans  presque un  regard ou  limite dédaigneux.
Le temps passe assez rapidement malgré tout mais il faudra attendre le  tout début d’après midi, où les heures se font plus chaudes, pour enfin sentir (l’éléphant a du  parfum) et voir ceux que j’attendais.

Ils sont une demi  douzaine à patauger, s’abreuver, s’arroser d’eau et de boue  autour de ce point d’eau. On remarque immédiatement le mâle  dominant. Par  la taille bien sûr, mais surtout par la façon qu’il a d’occuper le  plan d’eau en maître. Moi d’abord et veuillez attendre votre tour.
Non mais, c’est qui le  patron ?
Nous sommes derrière une palissade en planches percée de  rectangles d’observation.
Plus nous avançons vers  sortie du  parc, plus les points d’eau se multiplient et là, pas de protections.
Nous sommes au  plus près des  troupeaux où éléphants, zèbres et phacochères se côtoient en respectant bien sûr la hiérarchie du plus balaise  pour l’accès au plan d’eau.
Seuls les phacochères espiègles et rapides se  faufilent entre les énormes pattes pachydermiques, se coursant comme des gamins dans une cour d’école.

La voiture, garée en bord de piste semble énerver un mâle  dominant qui désire traverser le chemin. 
Les oreilles de l’animal battent plus fort (pas bon signe), il faut alors s’avancer un  peu plus et  très lentement car nous sommes sur son territoire et nous gênons. Voyant notre mouvement, il se calme et  emmène paisiblement sa  petite famille à  travers la steppe broussailleuse, nous  laissant avec ce frisson qui nous fait penser que l’on a bien agi  mais qu’on a eu  chaud à nos  miches quand même……

Encore un  dernier point d’eau avec beaucoup d’éléphants avant la  sortie du parc et  voilà une journée bien remplie où j’ai pu  retrouver mon animal préféré mais je changerai peut être d’avis lors  de ma première rencontre avec le  roi lion, qui  sait ???















vendredi 1 mars 2024

 Mercredi 28 février 

Après la visite de Cape  Town, nous quittons le bord de mer pour la région agricole et plus particulièrement viticole de l’Afrique du Sud. 70 kilomètres, ce n’est pas bien loin mais au fil de la route, le décor, l’ambiance changent.

Nous roulons vers Franschoek (prononciation à votre guise) qui signifie « coin des  français ».

Bon, un peu d’histoire s’avère utile pour saisir les subtilités, assez grossières, de l’affaire.

Catholiques, protestants, Calvin, Luther, guerre de religion , 16 ème siècle, le décor est planté.

Je résume afin  de restituer historiquement les faits, sans que ça soit rébarbatif.

Calvin et Luther trouvent le catholicisme trop étatisé et pompeux.

Ils  simplifient.

La royauté et la papauté voient  les choses d’un autre œil et  sentent une menace sur leur pouvoir.

S’en suit malheureusement le massacre de la Saint Barthélémy puis Henri IV qui apaise l’affaire grâce à l’édit de Nantes. Il se fait buter  par Ravaillac, qui n’est autre qu’un prêtre catholique (tiens, on ne  nous a pas parlé de ça  dans nos livres d’histoire)

Et paf, Richelieu, qui prend la suite avec un Louis XIII trop jeune pour comprendre,  nous en remet une couche et chasse à nouveau le protestant appelé aussi Huguenot.

Ceux-ci trouvent alliance avec les hollandais qui  déjà commerce en Asie  par le comptoir des Indes.

Ça va, vous suivez ???

Ces bataves  implantent une colonie relais en Afrique du Sud où seuls les Khoikhoi et les San, peuplades locales, éleveurs des bétail pour les uns, cueilleurs chasseurs  pour les autres, font  un peu d’ombre mais sans plus.

Nos huguenots, venus de toutes les régions de France, sont les bienvenus car ils se  montrent bosseurs et entreprenants. La vallée entre Stellenbosch et Franschoek est bien verte, alimentée en eau par des rivières d’eau pure descendant de la  montagne voisine.

La culture française arboricole et viticole peut  alors s ‘imposer dans cette région propice à ce savoir-faire.

J’ai  commencé à goûter les vins rouges, me cantonnant, pour l’instant au Shiraz, que nous appelons Syrah chez nous, où l’on conçoit, par  exemple, des « côtes rôties » en vallée du  Rhône. Je vous en  dirai plus après dégustation d’autres cépages.

La chaleur est  intense, nous ne sommes plus en bord de mer où le vent de Sud-est rafraîchissait  l’atmosphère.

Dans ces vallées de l’intérieur, on frôle les 40 degrés à l’ombre. On décide  tout de même d’une courte randonnée d’une bonne heure. Ce  pas  trop long, ce n’est pas trop pentu mais la  chaleur, dans ces paysages arides est suffocante. La récompense est au  bout du chemin, avec  petite cascade d’eau fraîche, sous les arbres où l’on  peut récupérer et même boire cette eau de source.




Ma mise en forme du matin.








Jeudi 29 février 

Nous continuons notre route vers l’Est, toujours à l’intérieur des terres. Il nous faut 4h30, sous un  soleil de plomb, pour atteindre Oudtshoorn (prononcez Atchouuum, ça passe….) après un passage de  vallées en montagnes par la Route 62, pas aussi mythique que la Route 66 aux État Unis ou aussi plate et désertique que la Ruta 40 en Argentine  mais qui a un charme incontestable.

Nous sommes au  pays des autruches et c’est dans une ferme des  environs que nous en  apprenons plus sur cet  oiseau peu  commun qui  peut atteindre les 70 km/h et qu’il ne faut pas trop chatouiller car d’humeur changeante, surtout s’il n’a pas mangé.

Cet oiseau est  également réputé  pour ne  avoir inventé le  fil à couper le beurre, en témoigne le poids de son cerveau, gros comme une noix, et qui ne pèse que 40 grammes tandis que son œil avoisine les 60.

Bon pour la vigie mais compliqué  pour faire polytechnique…….

Au retour de la ferme nous passons près d’un champ de tabac assez immense, à l’image  de ce  pays.