23 février 2026
Vol vers Bombay et pause chez l’ami Patrick pour un vol dès le lendemain, direction le nord du pays et exploration du Radjastan durant 10 jours . La première étape nous mène à Jailsamer. Changement total d’ambiance. Il fait chaud mais l’air est sec donc respirable. Nous sommes dans le désert où j’espère retrouver des sensations que j’ai déjà ressenties en Tunisie, au Maroc, en Australie, au Chili ou Namibie. Quelques kilomètres après l’aéroport on distingue comme une forteresse posée sur une colline, c’est la vieille ville qui fut fondée au 12ème siècle. On la surnomme ville d’or en raison de sa couleur de pierre que le soleil s’amuse à dorer de ses rayons. Au 16ème siècle, la cité prendra un essor économique plus important car c’était alors une étape primordiale caravanière entre l’Inde, la Perse, l’Arabie et l’occident. Les différents dirigeants de la ville lui ont donné ce caractère très typée d’une architecture mélangeant les cultures arabes et indiennes. Les blocs de pierre sont juste posés, sans ciment et les ouvertures, comme leurs encadrements sont un remarquable travail de taille ciselée. Les artisans de la pierre étaient de véritables artistes et l’épaisseur des murs apportaient la fraîcheur nécessaire sous les 50 degrés atteints parfois en été, ainsi que de judicieux couloirs d’entrée en entonnoir pour accélérer la circulation de l’air. La beauté est saisissante et Carcassonne ne s’est pas trompée acceptant un jumelage entre villes fortifiées remarquables. Un guide francophone nous a bien aidé dans la compréhension de ce mélange culturel si riche.
L’après midi, route vers le désert durant 2 heures de 4x4 pour atteindre, à la sortie d’un petit village perdu, le point de rencontre avec un chamelier. Catherine n’étant pas rassurée, préfère continuer dans la Jeep tandis que je monte cet animal du désert emblématique qui m’emmènera durant presque une heure dans ce paysage, ce calme que j’aime tant. Je retrouve mes sensations de plénitude donc je souris probablement bêtement. À un arrêt pour boire un peu d’eau, le chamelier me chante à capella une mélopée d’ici, toute douce. On parle peu, c’est inutile tant l’environnement s’exprime, nous laissant à notre rêverie. À l’arrivée, au pied d’une dune dorée, Nabou, le chauffeur a commencé la préparation du repas. Feu de bois, gamelles, de l’eau, quelques légumes, des épices et du riz bien sûr et nous voilà sous une demie lune au zénith, seule lumière présente, à déguster un repas simple, avec au loin, les plaintes de quelques renards du désert et sur nos têtes, un ciel constellé qui est apparu doucement après les dernières teintes solaires, là bas, quelque part vers l’ouest.
Quatre heures et demi de voiture nous attendent le lendemain pour joindre Johdpur. L’hôtel est très beau mais pas aussi typé qu’à Jailsamer où nous logions dans un ancien palais royal. Johdpur est appelée ville bleue de part la couleur utilisée pour peindre les bâtiments de la vieille ville. Une forteresse domine l’ensemble démontrant la nécessité d’une défense au 15ème siècle face aux attaques moghols ou arabes. On retrouve le travail artisanal sur la pierre et la finesse des ciselures mais les couleurs changent en rouge et écru que l’on découvre dans les strates d’origine volcanique et sédimentaire sablonneuse. Au loin , dans la brume moitié chaleur moitié pollution, on distingue la silhouette du palais du Maharaja de la région, snobant de sa hauteur, la misère que l’on retrouve, difficilement supportable. Nos regards fuient, impuissants. Et puis il faut parler des vaches sacrées. Tradition ancestrale cultivant toujours la symbolique d’une mère dont l’abondance de lait se substitue au faible flux du sein maternel. Les traditions sont certes importantes dans la culture d’un pays, mais là, au 21ème , dans l’urine et les excréments ruisselants et odorants, on peut se poser des questions. Une femme sacrée ne serait elle pas d’importance et d’actualité ? Mais je m’égare sans doute face au mur d’un peuple fataliste !
Après Johdpur c’est Udaipur qui nous attend, autre grande ville avec une visite de 2 heures d’un palais royal répétitif après 5 heures de voiture. Fatiguant ! Je passe sur l’étape de New Delhi qui fut inexistante à cause d’une mauvaise organisation et d’un choix d’hôtel déplorable. Le lendemain encore 4 heures de route pour rejoindre Agra. Hôtel très chouette et visite inoubliable du Taj Mahal qui flamboyait sous le soleil de fin de journée. Magique ! La lumière transcendait le marbre blanc et les jardins parfumés jasmin ajoutait un charme fou à l’ensemble.
Une fois n’est pas coutume, le lendemain 5 heures de route vers Jaipur notre dernière étape. Cette dernière est gâchée par la guerre au Moyen Orient car notre vol de retour en France passe par Koweït ! Je cherche une solution et grâce à l’ami Patrick, nous trouvons un vol vers l’Ouzbékistan puis Istanbul et Paris. C’est une roue de secours qui sera épuisante mais rentrer vivant à la maison est le défi majeur ! La fête des couleurs est donc gâchée pour nous mais Jaipur nous donne l’occasion de profiter du fort d’Amber, citadelle du 16ème siècle offrant une variété remarquable d’architecture, de teintes pastel et d’ingéniosité pour l’apport de l’eau par exemple
Il est temps de conclure ce périple hivernal. Le Nord Vietnam fut prenant, Bali nous a plongé dans un univers de traditions ancestrales, le Sud Vietnam fut sympathique et l’Inde un problème difficile à résoudre tant l’équation est ardue. La beauté des sites, villes, citadelles est attachante. La variété entre le Sud verdoyant et Nord désertique intéressante mais le contraste entre extrême richesse et misère choquante m’ont sérieusement perturbé. En écrivant là maintenant, mes yeux s’humidifient tant le choc émotionnel est marquant ! Il est compliqué de dire que l’on aime ou que l’on déteste ce pays mais il est certain qu’il laissera des traces indélébiles dans mon esprit.




















































