jeudi 5 mars 2026

 23 février 2026

Vol vers Bombay et pause chez l’ami Patrick  pour un vol dès  le lendemain, direction le nord du pays et exploration du Radjastan durant 10 jours . La première étape nous mène à Jailsamer. Changement total d’ambiance. Il  fait chaud mais l’air est sec donc respirable. Nous sommes dans le désert où  j’espère retrouver des  sensations que j’ai déjà ressenties en Tunisie, au Maroc, en Australie, au Chili ou  Namibie. Quelques kilomètres après l’aéroport on distingue comme une forteresse posée sur une colline, c’est la vieille ville qui  fut fondée au 12ème siècle. On la surnomme ville d’or en raison de sa  couleur de  pierre que le soleil s’amuse à dorer de ses rayons. Au 16ème siècle, la cité prendra un essor économique plus important car c’était alors une étape primordiale caravanière  entre l’Inde, la Perse, l’Arabie et l’occident. Les  différents dirigeants de  la ville lui  ont donné ce  caractère très typée  d’une architecture mélangeant les cultures arabes et indiennes. Les blocs de  pierre sont juste posés, sans ciment et les ouvertures, comme leurs  encadrements sont un  remarquable travail de  taille ciselée. Les artisans de la pierre étaient de  véritables artistes et l’épaisseur des murs apportaient la  fraîcheur nécessaire sous les 50 degrés atteints parfois en été, ainsi que de  judicieux couloirs d’entrée en entonnoir pour accélérer la circulation de l’air. La beauté est saisissante et Carcassonne ne s’est pas trompée  acceptant un jumelage entre villes  fortifiées remarquables. Un  guide francophone nous a bien aidé dans la compréhension de ce mélange culturel si riche.


L’après midi, route vers le désert durant 2 heures de 4x4 pour atteindre, à la  sortie d’un petit village perdu, le  point de rencontre avec un chamelier. Catherine n’étant pas rassurée, préfère continuer dans la Jeep tandis que je  monte cet  animal du désert emblématique qui m’emmènera  durant presque une heure dans ce  paysage, ce  calme que j’aime tant. Je  retrouve mes sensations de plénitude donc je  souris probablement bêtement. À un  arrêt pour boire un peu d’eau, le chamelier me chante à capella une mélopée d’ici, toute  douce. On parle peu, c’est inutile tant l’environnement s’exprime, nous laissant à notre rêverie. À l’arrivée, au pied d’une  dune dorée, Nabou, le chauffeur a commencé la préparation du repas. Feu de bois, gamelles, de  l’eau, quelques légumes, des épices et du riz bien sûr et  nous voilà sous une demie  lune au zénith, seule lumière présente, à déguster un  repas simple, avec au loin, les plaintes de  quelques renards du désert et  sur nos têtes, un  ciel constellé qui est apparu doucement après les dernières teintes solaires, là  bas, quelque  part  vers l’ouest.


Quatre heures et demi de voiture nous attendent le  lendemain pour joindre Johdpur. L’hôtel est très beau mais pas aussi typé qu’à Jailsamer où nous logions dans un ancien palais royal. Johdpur est appelée ville bleue de part la  couleur utilisée pour peindre les bâtiments de la vieille ville. Une forteresse domine  l’ensemble démontrant la nécessité d’une défense au 15ème  siècle face aux attaques moghols  ou  arabes. On retrouve le  travail artisanal sur la pierre et la finesse des ciselures mais les couleurs changent en rouge et écru  que l’on découvre dans les strates d’origine volcanique et sédimentaire sablonneuse. Au loin , dans la brume moitié chaleur moitié pollution, on  distingue la silhouette du  palais du  Maharaja  de  la région, snobant de sa hauteur, la misère  que l’on retrouve, difficilement supportable. Nos  regards fuient, impuissants. Et puis il  faut parler des vaches  sacrées. Tradition ancestrale cultivant toujours la symbolique d’une mère  dont l’abondance de  lait se  substitue au faible flux du sein maternel. Les  traditions sont certes importantes dans la culture d’un  pays, mais là, au 21ème , dans l’urine et les excréments ruisselants et odorants, on  peut se poser des questions. Une femme sacrée ne serait  elle pas d’importance et  d’actualité ? Mais je m’égare sans doute face au mur d’un peuple fataliste !


Après Johdpur  c’est Udaipur qui nous attend, autre  grande ville avec une  visite de 2 heures d’un palais royal répétitif après 5 heures de voiture. Fatiguant ! Je passe sur l’étape de New Delhi  qui fut inexistante à cause d’une mauvaise organisation et  d’un choix d’hôtel déplorable. Le lendemain encore 4 heures de route  pour rejoindre Agra. Hôtel  très chouette et visite inoubliable du Taj Mahal qui  flamboyait sous le soleil de fin de journée. Magique ! La lumière transcendait le  marbre blanc et  les jardins parfumés jasmin ajoutait un charme fou  à l’ensemble.


Une fois n’est pas coutume, le  lendemain 5 heures de route vers Jaipur  notre dernière étape. Cette dernière est gâchée par la guerre au  Moyen Orient car notre vol  de  retour en France  passe par Koweït ! Je cherche une solution et grâce à l’ami Patrick, nous trouvons un vol vers l’Ouzbékistan puis Istanbul et  Paris. C’est une roue de secours qui sera épuisante  mais rentrer vivant à la  maison est le défi majeur ! La fête  des couleurs est donc gâchée pour nous mais Jaipur  nous donne l’occasion de profiter du fort d’Amber, citadelle du 16ème siècle offrant une variété remarquable d’architecture, de teintes  pastel et d’ingéniosité pour l’apport de l’eau par exemple 


Il est temps de conclure ce périple hivernal. Le Nord Vietnam fut prenant, Bali  nous a plongé dans un univers de  traditions ancestrales, le Sud Vietnam fut sympathique et  l’Inde un  problème difficile à résoudre tant l’équation est ardue. La beauté des sites, villes, citadelles est attachante. La variété entre le Sud verdoyant et  Nord désertique intéressante mais le  contraste entre extrême richesse et misère choquante m’ont sérieusement perturbé. En écrivant là maintenant, mes  yeux s’humidifient tant le  choc émotionnel est marquant ! Il est  compliqué de  dire que l’on  aime ou que l’on déteste ce pays mais il est certain qu’il laissera des traces indélébiles dans mon esprit.
Je vous dis donc à la prochaine et  merci de nous avoir suivi, en espérant que j’ai su  attiser votre  curiosité et  vous donner  peut être l’envie de  parcourir notre belle planète  que la  bêtise humaine  entache  malheureusement !