11 janvier 2026
Avant de rejoindre notre prochaine étape, notre guide s’arrête soudainement car il a aperçu un rassemblement à l’écart du village qui est en fait une arène pour combats de coqs. Spectacle long en préparation, palabres interminables sur la taille et le poids des combattants. On finit par se mettre d’accord et on arme le volatile d’un ergot artificiel en métal de 10 centimètres de long. Les paris commencent, les bestioles se volent dans les plumes. C’est intense, rapide, la mort est là en 1 minute à peine ! Saisissant.
On loge chez Patrick, un français tombé amoureux du pays qui s’est installé dans un village balinais on ne peut plus authentique. On se balade, on croise des habitants souriants. On sait où l’on est et c’est ce qu’on recherchait. Toute une simplicité qui fait chaud au cœur. On va ensuite à la rencontre de jeunes enfants pris en charge par une association française depuis 22 ans. Christine Grossot, chef d’entreprise, fut choquée par une enfance sans savoir, sans avenir lorsqu’elle visitait Bali. Le choc fut tel qu’elle arrêta toute activité pour se consacrer à l’aide à l’enfance balinaise en créant ANAK. Uu enfant défavorisé par famille peut profiter d’activités extra scolaires afin de developper ses capacités. Collège, lycée et possibilité d’aller travailler à l’étranger dans des secteurs de pointe en informatique, hôtellerie haut de gamme etc….. Et ça marche car il y a une motivation remarquable chez ces jeunes à qui on ouvre des portes vers d’autres horizons prometteurs. Magnifique projet bien en place depuis 2003 et qui compte aller plus loin que les 6 villages dont ils s’occupent actuellement, tant les résultats sont probants. Palpitant ! Randonnée courte mais raide ensuite pour rejoindre les plus belles cascades de Bali où l’eau se jette dans le vide de la jungle depuis 140 mètres de hauteur.
Pluie torrentielle toute la nuit. Résultat, glissement de terrain dans les environs mais nous quittons la montagne au matin pour retrouver le bord de mer où la météo semble plus sereine. Awik notre guide stoppe encore une fois la voiture soudainement en nous annonçant qu’il a vu une crémation en traversant le village. On revêt le sarong traditionnel et coiffe pour respecter la tradition. Je filme, il y a des musiciens, la famille, les amis, les voisins. Le corps du défunt reposant sur une civière en bambou est recouvert d’un linge blanc puis une tôle ondulée est posée par dessus. On allume alors de gros chalumeaux à gaz afin d’embraser la dépouille. Tout le monde est recueilli. C’est une crémation d’une caste inférieure, celle des travailleurs. On jette des fleurs, de sacs d’habits et même de l’argent pour que le défunt ait quelque chose en arrivant là haut. Impressionnant, dérangeant, prenant, bizarre que ces traditions que nous découvrons un peu chaque jour !
14 janvier 2026
Je suis en vacances et je dois mettre le réveil à sonner à 4h30. N’importe quoi, autant reprendre le boulot ! En fait on peut partir avec un pêcheur du coin sur une de ces pirogues à balanciers, ancêtres du trimaran. On prend la mer à 5h, il fait nuit noire, juste un petit quartier de lune pour un semblant d’éclairage tamisé. Il ne fait pas froid, le vent est modéré mais une longue houle de Nord-ouest nous berce sans brusquerie. Nous marchons cap plein Nord vers Bornéo qui se cache bien loin derrière l’horizon. Lorsque le petit jour pointe vers l’Est, les teintes sont douces, entre rose, jaune et gris bleu. Le pêcheur a mis une ligne à la traîne derrière et remonte 6 petits maquereaux qui feront le quotidien de la famille. C’est maigre mais il a l’air content. Moi aussi car je retrouve des sensations marines que je connais bien entre embruns salés, parfums iodés et couleurs paisibles du levant.



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